Vol de bœuf à Bangoua

Des témoins dénoncent
Jeudi, Mai 26th, 2011
Le Petit Piment : Vous avez été menacés pour avoir dénoncé les voleurs. Que s’est-il passé ?

Les témoins : Les gens nous ont impliqués dans l’affaire du vol de bœuf parce que nous avons été témoins. Nous avons trouvé un bœuf malade. Il y avait autour des gens qui voulaient l’égorger. Nous avons menacé de les dénoncer s’ils égorgeaient le bœuf d’autrui. L’un d’eux a dit que si nous le faisons, il va nous manquer du respect. Nous sommes allés pour informer le berger, mais il était encore en brousse. La 2ème fois, nous l’avons trouvé. Nous l’avons informé. Nous lui avons donné toutes les informations sur les voleurs, ainsi qu’au propriétaire du bœuf.
Les gendarmes sont venus avec le berger pour arrêter les voleurs  et certains ont fui. On est venu au Marché de Kamna nous arrêter, disant que nous sommes complices du vol. Au poste, on nous informe que les mis-en-cause ont dit que c’est nous qui les avons envoyés pour égorger le bœuf. Le berger témoigne que c’est nous qui l’avons renseigné. La femme du chef-boucher témoigne que c’est nous qui avons fourni les informations. Comment se fait-il que nous, les informateurs, devenions les commanditaires du vol?

LPP : Que s’est-il passé au poste de gendarmerie ?
L T : Finalement, on nous a torturés et a extorqué à chacun de nous 50 000 F.
Nous nous demandons comment ont été menées les enquêtes pour que ce soit nous, les informateurs, qui soyons mis en cellule et payions 50 000 F chacun. Si c’était le droit de cellule, les deux jours que chacun y a passé n’auraient pas couté 50 000 F. Après avoir perçu les 50 000 F, les gendarmes nous ont libérés en disant  que nous avons dit la vérité et que le berger et la femme du chef-boucher ont témoigné en notre faveur, que c’est nous qui les avons informés ! Nous avons donc été enfermés et avons payé pour avoir aidé la justice.
Après, on a libéré les voleurs en disant qu’ils on fui à 20 h en allant chier, alors que quand nous étions là, on nous disait qu’après 18h, on ne pouvait pas sortir, même pour aller pisser.
LPP : Vous a-t-on délivré un reçu pour les 50 000 F ?
L T : Non ! Je ne comprends pas ce poste de gendarmerie où les innocents doivent payer pour avoir fait leur devoir d’informer. Les deux jours en cellule nous ont coûté très cher. Nous avons été non seulement traumatisés, mais cela a créé chez certains le mal de nerfs.

LPP : Que vous reprochait-on?
L T : De n’avoir pas arrêté les voleurs pour les conduire au poste alors que les gendarmes armés, par deux fois, n’ont pas pu le faire! l