A qui la victoire?

Législatives et Municipales 2007
Jeudi, Juillet 26th, 2007

Le double scrutin du 22 juillet 2007 a eu un seul vainqueur: le Peuple camerounais. Les partis politiques ont perdu.

Le peuple camerounais est sorti victorieux du double scrutin du 22 juillet 2007. Il a su rester calme, digne et discipliné et n'a pas prêté le flanc à une quelconque provocation. Pourtant, ce ne sont pas les motifs de frustration qui ont manqué, depuis l'inscription sur les listes électorales, la distribution des cartes d'électeurs et le vote.

Les grands perdants ont été les partis politiques qui ont montré leur inutilité ou qui n'ont pas eu honte de vouloir exister tout seul ou d'être inexistant.

Sur le plan inscription sur les listes, on a eu l'impression que des commissions ont été créées avec la complicité des partis politiques pour freiner ou filtrer les inscriptions. Avant, les chefs de quartiers s'acquittaient volontairement et
bénévolement de cette tâche avec plus de succès. Avec la commission, en reconduisant les 4,5 millions de votants de
2004, on n'a obtenu que 5 013 091votants, soit à peine 500 000 nouveaux inscrit par des commissions dont l'entrée en fonction a mis les chefs de quartiers hors jeu. Où fallait-il s'inscrire ? A la sous-préfecture, on demandait d'aller attendre la commission dont personne ne savait ni le jour ni l'heure de passage dans les quartiers. Le Cameroun a-t-il seulement 5 millions de personnes en âge de voter sur ses 16 millions d'habitants ?

La distribution de la carte de vote a été une autre paire de manche, les chefs de quartier en étant déchargés et la sous-préfecture demandant d'allait attendre la commission : ou et quand ? Le vendredi à la sous-préfecture de Yaoundé 2 par exemple, on disait à ceux qui venaient retirer leurs cartes de se présenter à leur bureau de vote où elles seront disponibles et le samedi, la CRTV annonçait qu'on continue de retirer les cartes à la sous-préfecture. Au bureau de vote de l'Ecole Maternelle de la Cité verte, on a dit à certains électeurs que les cartes n'étaient pas encore disponibles à 11H le jour du vote!

Qui était au bureau de vote? Probablement des représentants des partis politiques et de l'ONEL bien en vue. Dehors, il y avait quelques éléments des forces de l'ordre donc certains s'ennuyaient. On peut se demander si la présence des représentants des partis politiques était effective sinon, comment admettre que seule la carte de vote était exigible et non l'identité du porteur, comme l'ont prétendu certains présidents de bureau de vote face à certains revendicateurs inscrits qui apprendront à leurs dépens qu'ils ont déjà voté ! Même le représentant de l'ONEL, dans un bureau de vote, a avoué avoir été témoin de plusieurs cas!

Qu'est-ce qui a pu démobiliser les Camerounais pour qu'ils n'aillent pas exercer leurs devoirs patriotiques? Beaucoup de personnes ne se sont pas dérangées, soit parce qu'elles n'ont pas pu s'inscrire, soit parce qu'elles ont été inscrites et les noms ne sont pas apparus ou elles n'ont pas trouvé leur carte d'électeur soit aussi parce qu'elles se disent que les jeux sont faits d'avance et cela ne sert à rien de se déranger. D'autres ne sont pas remis des frustrations nées de la gestion des primaires dans le parti des flammes.

Pourquoi les partis politiques ont-ils perdus ? Le faible taux de participation, 10 % selon certains médias, 62 % selon l'administration territoriale qui reconnaît quand même 30 % à Douala et 50 % à Yaoundé, montre que tous, y compris le parti au pouvoir n'ont pas pu mobiliser leurs militants. Où sont passé les partis politiques pour que seulement 31 et 45 partis sur près de 300 qui prétendent représenter le peuple présentent des candidats aux législatives et au municipales ? S'achemine t-on vers le parti unique ? Les premiers résultats sortis des urnes montrent que le parti au pouvoir largement vainqueur a amélioré son record avec 155 sièges au parlement sur 180 et a gagné plus de 300 commues sur 360. Le SDF perdrait 8 sièges et passerait de 22 dans l'ancienne législature à 14, l'UDC de Ndam Njoya passerait de 5 à 4, l'UNDP de Bouba Belo de 1 à 5 et le MP de Jean Jacques Ekindi ferait son entrée avec 1 siège. L'UPC-K de Augustin Fréderic Kodock et le MDR de Dakolé disparaitront de l'Hémicycle où le monopartisme serait revenu. Au moment où nous mettions sous presse, il ne manquait que les tendances de Santa.

Le président Biya aura la large majorité demandée pour gouverner sans problème ! A condition que ce ne soit pas pour gouverner un Cameroun démobilisé !