Quand la politique menace la cohésion du Ndé

Intolérance, injures et bagarres, les primaires pour les législatives dans le RDPC ont fait dans le Ndé des blessés graves
Jeudi, Mai 24th, 2007

La tension est très élevée dans le département de trois lettres depuis les opérations de renouvellement des organes de base et les primaires pour les municipales et les législativies dans le parti au pouvoir. Le Ndé parait au bord de l'éclatement, tant la fracture est profonde entre les militants du parti au pouvoir et même entre les chefs traditionnels.

Le renouvellement des organes de base s'est passé sans incidents majeurs. Dans la section Ndé Sud (Tonga), deux listes conduites par des enseignants étaient en compétition. La liste conduite par M. Atchoumi Michel a désisté et fusionnée avec celle conduite par M. Tchoua Maurice.

Dans le Ndé-Nord (Bangangté), la liste du Dr Kouamo Jonas triomphera sur celle du Pr. Tchatchoua Thomas.

Dans le Ndé-Ouest (Bazou), la liste de Noutcha Parfait (Maire sortant) qui avait les faveurs des pronostics a désisté contre toute attente en faveur de celle de Tchuidjio. Entente ou pression? La rumeur penche pour la deuxième hypothèse.

Les primaires pour les municipales n'ont pas été moins chaudes: A Bangangté, la liste conduite par Mme Ngatchou Eugénie, la présidente de la section des Femmes de Ndé-Nord, trop gourmande dans les négociations de fusion avec une liste conduite par M. Niat Njefenji, a été défaite à plat couture par la même liste, cette fois conduite par Mme Keutcha Courtes, M. Niat étant simple membre. A Bazou et à Tonga, il y a eu des listes consensuelles conduites respectivement par MM. Tchuidjo et Fandja Didier.

Plus chaudes ont été les primaires pour les législatives dans ce département qui a droit à deux députés. Un pacte non écrit, mais respecté jusqu'alors, attribue d'office un député à l'arrondissement de Bangangté, les arrondissements de Tonga et Bazou se partageant alternativement un député. A l'avant dernière législature, les honorables étaient Tchouta Moussa (Bangangté) et Tchana Messack (Bazou). Dans la dernière, ils étaient Tchouta Moussa (Bangangté) et Feutheu Jean Claude (Tonga). On s'attendait que dans le parti des flammes, la composition des listes tienne compte de cette géopolitique. Mais les listes en compétition ont bouleversé la donne: la liste Feutheu Jean Claude (Tonga) et Kouamo Jonas (Bangangté) avec pour suppléants Yomba Claude (Bazou) et S.M Ngondji (Bassamba) faisait face à celle de Kecha Jean (PDG du Groupe KETCH) (Bangangté) et Dr Djeuhong (Président du Comité de développement de l'Arrondissement de Bazou) avec pour suppléants M. Mbankoue Dieudonné (Tonga) et Mme Ngassa.

La campagne électorale a été très heurtée, avec de chaudes empoignades qui avaient déjà commencé entre M. Ketcha et Dr Kouamo, tous de l'arrodissement de Bangangté, bien avant le lancement des primaires (Lire lutte pour le leadership autour d'une dépouille dans le Ndé) à cause desquelles Bangangté était sous très haute tension. Même, des tracts très
provocateurs ont circulé en la ville.

Le 12 mai, l'ensemble des opérations de vote s'est passé sans incident à Bazou ou la liste de M. Ketcha a gagné, à Bassamba où le vote était serré et à Tonga où la liste de M. Feutheu a gagné. Les résultats de Bangangté étaient très attendus pour départager les listes. Le 13 mai vers 2H du matin, les urnes sont vidées sur la table. On était entrain de compter les bulletins quand une coupure de courant a plongé la permanence du parti de Bangangté dans le noir. Des torches et des téléphones portables ont été utilisés pour essayer de surveiller la table. Certains disent avoir vu
quelqu'un qui renversait la table. Le cafouillage est indescriptible dans la salle. Des chaises volaient dans tous les sens. Le sauve qui peut était général. L'honorable Feutheu avait dû dégainer pour se frayer un passage. Un de ses proches
n'avait pas eu la même chance et avait perdu des dents. Les blessés ne se comptaient pas.

L'envoyé du Comité Central aurait demandé au président départemental de réorganiser les élections. Ce dernier dont la pharmacie et le domicile avaient été attaqués (sans grands dégâts heureusement) se serait dit traumatisé et se serait rendu à Yaoundé auprès de ses militants évacués.

L'envoyé du Comité Central avait convoqué les électeurs pour le 15 mai. Ce jour là, la salle était fermée à clé et le président départemental n'était pas dans la ville. Les serrures ont été cassées sur ordre des autorités administratives et le vote a pu avoir lieu, cette fois sans incident, après la vérification du quorum. La liste de M. Ketcha a obtenu plus de 1300 voix contre une trentaine à la liste concurrence. On a noté une très forte abstention, surtout des présidents de sous sections. Ont-ils obéi à un mot d'ordre ou ont-ils eu peur compte tenu de l'ampleur de l'ampleur de la violence deux jours plutôt? Difficile de répondre. Qui a gagné après la compilation des différents résultats ? Le camp de M. Ketcha crie victoire; Celui de M. Feutheu a introduit une requête auprès du Comité Central du RDPC, seul organe capable de trancher le différend.

Certains chefs supérieurs (cinq) auraient proposé que la poire soit coupée en deux pour préserver la paix sociale, les deux têtes de listes devant être les titulaires (Ketcha/Feutheu) et les deuxièmes devenant de suppléants (Kouamo/Njeuhong), les suppléants initiaux des deux listes seraient simplement ignorés. Cette proposition n'est pas appréciée par les militants et ne semble pas avoir fait l'unanimité parmi Leurs Majestés. Mais, elle a été retenue par le Comité Central.

Comment vont réagir les militants dont la plupart se dit frustrée par la décision du sommet du parti? Malgré les incidents, les urnes ont parlé et vont encore parler. Les chefs supérieurs qui ont tenté d'influencer la décision du parti au pouvoir ont-ils fait la même chose pour les autres partis? A moins qu'ils n'enterrent un enfant dedans et un autre dehors! Ce serait la perte de leur neutralité.