L'homme et la parole
Un homme qui tient sa parole est un homme de parole. Nos parents nous enseignaient de dire la vérité quelque en soit le prix à payer. Il n'existait pas alors de bon mensonge! On disait dans ma langue maternelle « Hop neneh nkfweh ni » (Dis la vérité, même si cela doit te coûter la vie). On jurait en levant les yeux et trois doigts de la main droite (majeur, annulaire et auriculaire) vers le ciel et en disant «Shi je» (Dieu sait ou Dieu est témoin).
Au tribunal, on lève la main droite et on dit: «Je jure de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité». Ailleurs, on jure sur la Bible où il est écrit (Jean 1:1) « ... La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu ». La parole est donc sacrée.
Paul Biya a dit qu'il a apporté la démocratie au Cameroun. Il a créé un parti démocratique, même si ses militants ne sont pas des modèles. Il les a préparés à la concurrence, même s'il n'était pas le premier à introduire le multipar- tisme dans ce pays où la constitution n'a jamais parlé de parti unique. Il s'est trouvé des militants pour le critiquer et même pour mar- cher contre son multi- partisme précipité et pas un seul sous- préfet pour interdire cette marche illégale pouvant troubler l'or- dre public. Paul Biya a tenu parole et le Cameroun, avec plus de 250 légalisés, est aujourd'hui dans le peloton de tête des pays multipartites, loin devant les pays qui se disent modèle de en la matière! Le peuple a limité à deux le nombre de mandats présidentiels et le Président a promulgué la Constitution avec tous ses mécanismes d'élection et de vacance de pouvoir. Si Dieu le veut, Paul Biya passera démocratiquement le témoin en 2011. Pourquoi son parti veut-il forcer la main à un homme de parole?
Députés de son parti, sensés représenter les dix provinces, veulent charcuter la Constitution pour supprimer la limitation du nombre de mandats comme l'ont fait certains pays voisins et prolonger la période de transition démocratique. Ont-ils oublié que l'homme de parole a dit que le Cameroun n'avait pas besoin de modèles importés? Suivant un principe cher aux Camerounais, que «Pas d'intérêt, pas d'action», on peut se demander pour qui ils roulent! Que représentent-ils, élus d'un département, devant plus de 16 000 000 de Camerounais? La Constitution est la parole donnée par le peuple tout entier. Le rôle du député est-il de défendre le peuple ou de se substituer à lui? S'il représente le peuple, il ne devrait donc pas toucher la constitution sans se référer à lui, comme en 1972. Mais il devrait veiller à son application. Sa modification relève du peuple qui devrait agir par référendum.
Paul Biya a lancé la lutte contre la corruption et ses dérivées. Ses ennemis, encore dans son parti, ont voulu le berner. Heureusement, il leur a envoyé l'Epervier, pas celui d'Ebolowa, mais celui qui ne connaît que les poussins et qui décime corrompus, corrupteurs et pilleurs! L'homme c'est sa parole. Alors, «hop neneh nkfweh ni».
