Le traitement du paludisme chez les enfants

Jeudi, Mars 29th, 2007

L'initiative "Faire reculer le paludisme" née en 1998 de la prise de conscience du fait que la morbidité et la mortalité provoquées par le paludisme en Afrique peuvent être contrôlées. Dans la Déclaration d'Abuja faite en avril 2000, des chefs d'Etats africains ont décidé de renforcer les interventions, qui sont la pierre angulaire de la stratégie pour faire reculer le paludisme. L'objectif est de diminuer de moitié la mortalité provoquée par le paludisme d'ici à 2010. Plusieurs interventions efficaces et abordables; si on les mettait en oeuvre tout en les adaptant aux situations locales dans les pays où le paludisme est endémique, pourraient réduire considérablement la morbidité et la mortalité dues au paludisme.

Il a été prouvé que l'usage de moustiquaires imprégnées avec un insecticide réduisait de 20 % la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans, quelle qu'en soit la cause. Cela préviendrait près de 0,5 millions de décès par an en Afrique subsaharienne. Ces moustiquaires protègent aussi contre l'anémie tant chez les femmes enceintes que chez les jeunes enfants, qui sont les groupes les plus exposés au paludisme et à l'anémie secondaire. De nouvelles moustiquaires imprégnées dont le traitement résiste au lavage et dont l'efficacité dure 4 ans est un ajout considérable à la lutte contre la maladie.

Deuxièmement, l'intégration du traitement intermittent des femmes enceintes par la sulphadoxine-pyriméthamine (SP) réduisait le risque d'anémie chez la mère, de parasitémie placentaire et d'insuffisance pondérale à la naissance. Des études réalisées récemment en République Unie de Tanzanie ont également révélé que le traitement systématique des nourrissons par la SP aux âges de 2, 3 et 9 mois, lors de la vaccination, réduisait de 60 % les épisodes de paludisme et de 50 % les épisodes d'anémie pernicieuse.

Une autre voie de traitement testée dans plusieurs pays africains montre que l'administration combinée de médicaments antipaludiques comme la SP, auxquels le parasite devient de plus en plus résistant, avec l'artésunate, un dérivé de la plante chinoise Artemisia annua, améliorait sensiblement les taux de réussite du traitement antipaludique. A ce sujet, l'OMS a négocié un accord avec un laboratoire pharmaceutique afin de mettre un traitement combiné contenant de l'artémisinine à la disposition du secteur public dans les pays où le paludisme est endémique à des prix abordables.

L'accès rapide aux soins reste un souci majeur dans la lutte contre la mortalité infantile. La majorité des décès dus au paludisme pendant l'enfance s'expliquent par l'administration trop tardive d'un traitement antipaludique efficace. L'état clinique d'un jeune enfant atteint de paludisme se détériore inexorablement et peut entraîner la mort en quelques jours voire quelques heures si un traitement efficace ne lui est pas administré rapidement.

Enfin le renforcement de l'infrastructure sanitaire permettrait que les dispensaires ou hôpitaux dans les zones rurales dispensent des soins qualifies et pareils a ceux des grands centres de la ville. Il est indispensable de mettre en place des mécanismes qui permettront de faire en sorte que les établissements de santé disposent de stocks suffisants de médicaments et de fournitures cliniques et que le personnel soit compétent et bien supervisé dans les domaines suivants: diagnostic rapide, réanimation et soins cliniques à administrer aux enfants souffrant d'une forme grave de paludisme.

Le paludisme tue chaque année un nombre important d'enfants africains et gâche la vie de plusieurs millions d'autres. Les progrès scientifiques récents permettraient d'alléger considérablement ce bilan, mais cela doit s'accompagner d'un engagement financier, technique et politique colossal pour réduire le nombre d'enfants victimes du paludisme en Afrique, qui s'établit actuellement à un décès toutes les 30 secondes.

(Source: Organisation Mondiale de La Santé)