Cancers féminins : les signes qui peuvent passer inaperçus

Sournois, le cancer frappe au moment où on ne l’attend pas ! Il se manifeste par des signes, notamment chez la femme, qui passent trop souvent inaperçus. Fatigue, infections urinaires, hématomes... Sachez les reconnaître pour consulter à temps. Avec le Dr Françoise May-Levin, cancérologue conseil à la Ligue contre le cancer Sur le Site Mediste.
Jeudi, Juin 30th, 2011

Cancer de la thyroïde : nodule à la base du cou ou modulation de la voix.

Le cancer de la thyroïde est aujourd’hui de bon pronostic, toutefois, comme les autres cancers, il convient de le repérer le plus tôt possible.

“Il se manifeste par une grosseur au niveau du cou que l’on remarque ou que l’on sent sous les doigts. Dans certains cas, on ne pourra observer ses effets que sur le larynx (voie aérienne) ou le pharynx (voie digestive) qu’elle comprime : la personne souffrira de maux de gorge semblables à une angine mais qui ne passent pas, ou verra sa voix se modifier et devenir bitonale, un peu comme celle des jeunes garçons en période de mue. Si ces symptômes perdurent plus de trois semaines, il faut consulter”, met en garde le Dr Françoise May-Levin.
  Échographiede la thyroïde et scintigraphie aideront à visualiser la lésion.

Cancer du poumon : douleur et toux persistante

Avec le développement du tabagisme féminin, le cancer du poumon ou cancer bronchique n’est plus un cancer essentiellement masculin, c’est pourquoi il est important pour les femmes d’en connaître les signes.

“Il existe deux types de cancer bronchique : carcinome à petites cellules ou carcinome non à petites cellules. Mais dans les deux cas, les manifestations sont similaires : une toux persistante avec des crachats sanglants et un essoufflement. Aussi, en fonction de la localisation de la tumeur, une douleur peut apparaître dans le dos, ou même au niveau de l’épaule ou des cervicales, comme un torticolis”, explique le Dr Françoise May-Levin.

Cancers digestifs : perte d’appétit et amaigrissement

“Les cancers digestifs, touchant l’estomac, l’œsophage ou le pancréas sont de plus en plus courants”, remarque le Dr Françoise May-Levin.

“Les cancers situés haut dans l’œsophage peuvent entraîner des difficultés à avaler. S’ils sont placés plus bas dans l’estomac, il peut se signaler par des crampes et des hémorragies donnant des selles noires.

Quant au cancer du pancréas, il est souvent découvert tard car l’organe est très profond, derrière l’estomac. Il peut toutefois provoquer une jaunisse ou ictère lorsque la tumeur bloque les vaisseaux évacuant la bile.

Dans tous les cas on observe souvent une perte d’appétit et un amaigrissement rapide.”

Cancer du rein : douleur et infection urinaire

Le cancer du rein est rare (3% des cancers environ) mais est en augmentation. “La tumeur reste muette très longtemps”, souligne le Dr F. May-Levin, cancérologue.

“Toutefois on observe parfois une douleur lombaire persistante, d’un seul côté, parfois associée à une masse palpable. La personne peut également présenter des infections urinaires à répétition.” Dans ce cas, le médecin pourra prescrire des examens complémentaires.

Cancer du sang : fatigue et hématome

“Il existe quatre grands types de leucémies : la leucémie aigüe lymphoblastique (LAL), la leucémie aigüe myéloblastique (LAM), la leucémie lymphoïde chronique (LLC) et la leucémie myéloïde chronique (LMC).

Les signes d’alertes peuvent être une fatigue, une fièvre qui ne passe pas, des hémorragies ou des hématomes qui apparaissent sur le corps sans qu’il ait eu de choc”, explique le Dr Françoise May-Levin.

Pas de panique tout de même!

“Cet article est loin d’être exhaustif, mais souligne le caractère sournois de bien des cancers. Certes, le moindre mal de gorge ou la constipation banale ne sont pas fatalement des cancers, mais tout symptôme anormal et inhabituel durant plus de quelques semaines, et ce, en dépit des traitements habituels, doivent impérativement amener à consulter”, insiste le Dr F. May-Levin.